🎙️ Revenons un peu en arrière : c’était quoi ton parcours avant de te lancer ?
J’ai étudié en administration des affaires à l’Université Laval, puis j’ai terminé mon baccalauréat en comptabilité à HEC Montréal. Ensuite, j’ai travaillé brièvement chez Deloitte. J’aimais la structure que la comptabilité apportait, mais le quotidien du métier ne me convenait pas. J’avais besoin de liberté pour être créative en affaires.
J’ai lancé une première entreprise de thés, avec laquelle j’ai remporté plusieurs prix, puis une entreprise d’accessoires pour femmes que je distribuais notamment dans les pharmacies Jean Coutu. Je voyageais beaucoup en Asie pour ces activités, mais il me manquait quelque chose.
J’ai ensuite rencontré Louis, mon cofondateur, qui est vraiment brillant en informatique. Nous avons commencé à prendre des contrats de services-conseils.
Quand nous avons commencé à travailler avec des établissements scolaires, j’ai adoré ça. Tout le monde me disait que les technologies éducatives n’étaient pas un secteur rentable, mais j’y suis allée avec mon cœur.
Est-ce que tu as toujours su que tu voulais entreprendre ?
Oui, vraiment. Je ne savais pas exactement ce qu’était l’entrepreneuriat, mais je voulais être femme d’affaires. Mon père avait sa propre entreprise : il devait trouver des solutions, parler aux clients et se débrouiller. J’aimais toutes les facettes de ce qu’il faisait.
Très jeune, je voulais déjà commencer. À dix ans, j’organisais des ventes de garage avec des objets de la maison, parfois même des choses que mon père ne voulait pas vendre! Il me laissait faire pour m’encourager.
Quand est-ce que tu t'es dit : "Je suis prête, je me lance" ?
Dès le secondaire, je voulais entreprendre. Pour moi, les études devaient m’aider à le faire, mais mon entourage m’encourageait à avoir d’abord un métier concret. C’est pour ça que j’ai choisi la comptabilité.
Mais après quatre mois chez Deloitte, c’était évident que cette voie ne me convenait pas. J’avais envie de toucher à beaucoup de choses, de proposer des idées et surtout de les réaliser. Entreprendre n’était plus vraiment un choix : c’était ce qui correspondait à qui j’étais.
Ça vient d'où le nom LS2 ?
Nous voulions proposer un logiciel de solutions spécialisées (LSS). Nous sommes restés simples, et choisir LS2 nous a pris deux minutes.
Pour moi, le plus important, c’est la valeur que nous apportons au client. Je préfère trouver un nom qui fonctionne et avancer plutôt que passer énormément de temps sur ce détail.
Est-ce que tu es passée par un incubateur ? Qu'est-ce que ça t'a apporté ?
Oui, j’ai fait les programmes Accélération et Propulsion du Centech.
Quand nous bâtissons une entreprise, nous portons énormément de chapeaux, sans avoir toutes les compétences nécessaires. Mes forces étaient la comptabilité et le développement des affaires. Pour le reste, j’avais beaucoup à apprendre.
Le Centech m’a donné accès à des personnes qui avaient ces expertises. Ça m’a permis de comprendre plus rapidement des sujets comme les ressources humaines ou le financement. Ce que ça m’a surtout apporté, c’est l’intelligence collective.
Quel est le meilleur conseil qu'on t'ait donné ?
« C’est aussi simple que ça. »
Nous compliquons énormément les choses. À la base, bâtir une entreprise, c’est trouver un besoin dans un marché et y répondre.
Ensuite, il faut revenir à des questions concrètes : qui sont mes clients ? Où sont-ils ? Comment puis-je les rencontrer ? Pour moi, garder cette simplicité aide à avancer.
Et si tu devais donner un conseil à un entrepreneur ?
Entreprends pour les bonnes raisons. Ça prend du temps, et il faut aimer ce que tu fais pour traverser les échecs et les problèmes.
Pendant des années, j’ai travaillé fort avant de commencer à ressentir une vraie fierté. Si tu fais ça uniquement pour l’argent, je ne sais pas si ça en vaut la peine. Quand tu le fais pour les bonnes raisons, réussir ne veut pas seulement dire gagner de l’argent.