English
(Nouvelle)
Nouvelles
Portrait

Portrait d'une entrepreneure : Sarah Seddiki

Pour Sarah Seddiki, entreprendre a toujours été une évidence. Mais au fil de ses premières entreprises, une autre conviction s’est imposée : son travail devait contribuer positivement à la société.

Avec LS2, elle a trouvé dans l’éducation un domaine qui donne du sens à cette ambition. L’entreprise développe et distribue des logiciels pour les organisations scolaires, afin de leur offrir de meilleures technologies pour enseigner.

Depuis sa création en 2017, LS2 s’est construite à travers les essais, les apprentissages et la confiance de ses clients. Une aventure que Sarah mène avec une priorité : bien servir les établissements qui lui donnent l’occasion de les accompagner.

Dans cette entrevue, elle revient sur son parcours, de la comptabilité à l’entrepreneuriat, partage les apprentissages qui ont changé sa façon de travailler et raconte comment elle a trouvé sa place parmi d’autres entrepreneurs.

Faisons les présentations

Je m’appelle Sarah, mais mes amis m’appellent plutôt ... Sarah. J’ai fondé LS2 en 2017 parce que je voulais mener un projet de A à Z, plutôt que de m'occuper d'une seule partie. Enfant, je voulais être femme d'affaires et j’étais fan de mon père. Mon plat préféré est ... Je ne suis pas sûre d’avoir un plat préféré, mais quand j’ai faim, tout est bon! et, si on se croise un dimanche, je serais probablement en train de lire un livre ou d’apprendre quelque chose.

Parcours entrepreneurial

🎙️ Revenons un peu en arrière : c’était quoi ton parcours avant de te lancer ?

J’ai étudié en administration des affaires à l’Université Laval, puis j’ai terminé mon baccalauréat en comptabilité à HEC Montréal. Ensuite, j’ai travaillé brièvement chez Deloitte. J’aimais la structure que la comptabilité apportait, mais le quotidien du métier ne me convenait pas. J’avais besoin de liberté pour être créative en affaires.

J’ai lancé une première entreprise de thés, avec laquelle j’ai remporté plusieurs prix, puis une entreprise d’accessoires pour femmes que je distribuais notamment dans les pharmacies Jean Coutu. Je voyageais beaucoup en Asie pour ces activités, mais il me manquait quelque chose.

J’ai ensuite rencontré Louis, mon cofondateur, qui est vraiment brillant en informatique. Nous avons commencé à prendre des contrats de services-conseils.

Quand nous avons commencé à travailler avec des établissements scolaires, j’ai adoré ça. Tout le monde me disait que les technologies éducatives n’étaient pas un secteur rentable, mais j’y suis allée avec mon cœur.

Est-ce que tu as toujours su que tu voulais entreprendre ?

Oui, vraiment. Je ne savais pas exactement ce qu’était l’entrepreneuriat, mais je voulais être femme d’affaires. Mon père avait sa propre entreprise : il devait trouver des solutions, parler aux clients et se débrouiller. J’aimais toutes les facettes de ce qu’il faisait.

Très jeune, je voulais déjà commencer. À dix ans, j’organisais des ventes de garage avec des objets de la maison, parfois même des choses que mon père ne voulait pas vendre! Il me laissait faire pour m’encourager.

Quand est-ce que tu t'es dit : "Je suis prête, je me lance" ?

Dès le secondaire, je voulais entreprendre. Pour moi, les études devaient m’aider à le faire, mais mon entourage m’encourageait à avoir d’abord un métier concret. C’est pour ça que j’ai choisi la comptabilité.

Mais après quatre mois chez Deloitte, c’était évident que cette voie ne me convenait pas. J’avais envie de toucher à beaucoup de choses, de proposer des idées et surtout de les réaliser. Entreprendre n’était plus vraiment un choix : c’était ce qui correspondait à qui j’étais.

Ça vient d'où le nom LS2 ?

Nous voulions proposer un logiciel de solutions spécialisées (LSS). Nous sommes restés simples, et choisir LS2 nous a pris deux minutes.

Pour moi, le plus important, c’est la valeur que nous apportons au client. Je préfère trouver un nom qui fonctionne et avancer plutôt que passer énormément de temps sur ce détail.

Est-ce que tu es passée par un incubateur ? Qu'est-ce que ça t'a apporté ?

Oui, j’ai fait les programmes Accélération et Propulsion du Centech.

Quand nous bâtissons une entreprise, nous portons énormément de chapeaux, sans avoir toutes les compétences nécessaires. Mes forces étaient la comptabilité et le développement des affaires. Pour le reste, j’avais beaucoup à apprendre.

Le Centech m’a donné accès à des personnes qui avaient ces expertises. Ça m’a permis de comprendre plus rapidement des sujets comme les ressources humaines ou le financement. Ce que ça m’a surtout apporté, c’est l’intelligence collective.

Quel est le meilleur conseil qu'on t'ait donné ?

« C’est aussi simple que ça. »

Nous compliquons énormément les choses. À la base, bâtir une entreprise, c’est trouver un besoin dans un marché et y répondre.

Ensuite, il faut revenir à des questions concrètes : qui sont mes clients ? Où sont-ils ? Comment puis-je les rencontrer ? Pour moi, garder cette simplicité aide à avancer.

Et si tu devais donner un conseil à un entrepreneur ?

Entreprends pour les bonnes raisons. Ça prend du temps, et il faut aimer ce que tu fais pour traverser les échecs et les problèmes.

Pendant des années, j’ai travaillé fort avant de commencer à ressentir une vraie fierté. Si tu fais ça uniquement pour l’argent, je ne sais pas si ça en vaut la peine. Quand tu le fais pour les bonnes raisons, réussir ne veut pas seulement dire gagner de l’argent.

Construire LS2

Si on se projette dans cinq ans, où vois-tu ta startup ?

J’aimerais renforcer notre présence à travers le Canada et continuer à développer les relations avec nos quelques clients aux États-Unis.

Mais ma priorité reste de bien servir nos clients. Ils nous ont donné leur confiance et l’occasion de les aider. Je veux que nous puissions accompagner plus de monde, tout en continuant à rendre nos clients actuels heureux.

C'est quoi la prochaine grande étape pour se rapprocher de cette vision ?

Continuer à faire ce que nous faisons, un pas à la fois.

Avant, je cherchais toujours la prochaine grande chose à accomplir. Avec le temps, j’ai compris qu’en continuant à avancer, des occasions se présentent. Nous pouvons alors les reconnaître et les saisir. J’ai appris à faire davantage confiance à ce processus.

De quoi as-tu le plus besoin aujourd’hui ?

Je me sens vraiment reconnaissante pour ce que nous avons. Nous avons choisi une structure qui nous correspond : l’entreprise est autofinancée par ses ventes, sans dilution du capital.

Nous avons aujourd’hui une belle vitesse de croisière. Ça a pris du temps, mais nous avons bâti de la confiance et de la crédibilité. Les choses avancent plus naturellement. Je n’ai pas l’impression qu’il nous manque quelque chose en particulier : nous avons surtout besoin de continuer.

Derrière l'entrepreneure

Avec le recul, c’est quoi ta plus grande fierté aujourd’hui ?

D’avoir réussi, à travers mon parcours entrepreneurial, à exprimer qui je suis.

Je me suis longtemps sentie un peu marginale, comme le mouton noir. J’avais beaucoup d’idées, beaucoup d’optimisme et l’envie de refaire le monde. Ça pouvait m’amener à me remettre en question.

En côtoyant d’autres entrepreneurs, j’ai réalisé qu’il y avait plein de personnes comme moi. Les environnements du Centech et d’Ax.c m’ont aidée à m’assumer davantage. Et plus je suis moi-même, plus je m’épanouis.

Et à l’inverse, qu’est-ce qui a été le plus difficile pour toi ?

Ne pas avoir compris assez tôt que plus de travail ne voulait pas forcément dire plus de résultats.

J’ai fini par avoir ce déclic, mais ça m’a coûté cher. Travailler 80 heures par semaine n’est pas la voie de la réussite.

Est-ce qu’il y a une phrase ou un mantra qui te guide ?

« Tu vises la lune, si tu la rates, tu atterriras dans les étoiles. »

Pour moi, ça veut dire que nous pouvons nous permettre de rêver grand. Même si nous n’arrivons pas exactement là où nous voulions aller, nous pouvons quand même atteindre un endroit magnifique.

Y a-t-il une personne qui a vraiment fait la différence dans ton parcours?

Mes parents. Ils ont toujours cru en moi, parfois même plus que je ne croyais en moi-même.

Les entendre me dire : « Vas-y, tu es capable », ça a fait une énorme différence. Avoir ce soutien pour me lancer et continuer, c’est précieux.

Est-ce qu'Ax.c fait une différence dans ton parcours ?

Pour moi, c’est un des plus grands privilèges qu’un entrepreneur en technologie puisse avoir au Québec.

Nous croisons constamment d’autres entreprises technologiques. Quand nous avons besoin de quelque chose, nous pouvons demander de l’aide ou nous faire orienter vers la bonne personne.

L’entrepreneuriat peut être très isolant, avec des ressources limitées. Ici, je ressens une abondance de ressources, mais surtout de personnes et de liens humains, dans des bureaux magnifiques.

Pour finir : qu’est-ce qui te motive à te lever le matin ?

Savoir que j’ai un impact positif. Travailler en éducation, c’est avoir le privilège de contribuer à quelque chose qui est vraiment important pour moi. C’est ce qui me motive et me fait me sentir bien.

Découvrir LS2

Nouvelles suggérées

Voir toutes les nouvelles
Portrait d'un entrepreneur : Maxime Bolduc
Portrait

Portrait d'un entrepreneur : Maxime Bolduc

Portrait d'un entrepreneur : Alexandre Clarizio
Portrait

Portrait d'un entrepreneur : Alexandre Clarizio

Portrait d'une entrepreneure : Nanette Sene
Portrait

Portrait d'une entrepreneure : Nanette Sene

Voir toutes les nouvelles

Le respect de votre vie privée compte pour nous. En utilisant ce site, vous acceptez le suivi des données tel que décrit dans notre politique de confidentialité.

Données nécessaires

Le suivi de certaines données est requis au fonctionnement du site web et ne peut donc pas être désactivé: choix de langue, consentement et préférence sur le suivi des données, etc.

Obligatoire
Données optionnelles

En contrepartie, le suivi de certaines données est facultatif et demande votre consentement: récolter des statistiques sur l'achalandage, analyser le parcours des visiteurs pour améliorer le fonctionnement du site web, proposer des offres personnalisées, etc.