Dans l'univers de la medtech, certaines entreprises développent de nouvelles technologies. D'autres s'attaquent à des enjeux de santé longtemps restés dans l'ombre. Avec Juno, Nanette a choisi de se consacrer à un problème qui touche des millions de femmes : les douleurs menstruelles.
Dans cette entrevue, elle revient sur son parcours, de ses études en ingénierie jusqu'à la création de Juno, partage les leçons qu'elle a tirées de l'entrepreneuriat et explique ce qui la motive à poursuivre cette aventure.
🎙️ Revenons un peu en arrière : c’était quoi ton parcours avant de te lancer ?
J'ai commencé Juno pendant mes études. J'étais en maîtrise en ingénierie, après un baccalauréat en génie mécanique, puis j'ai poursuivi une maîtrise en gestion de l'innovation et de la technologie.
En parallèle, je travaillais à temps plein en gestion de projets R&D. L'entreprise s'est donc construite progressivement.
Est-ce que tu as toujours su que tu voulais entreprendre ?
Non, pas du tout. Je ne connaissais même pas vraiment l'entrepreneuriat avant ma maîtrise. C'est en suivant un cours que j'ai réalisé que c'était une voie possible.
Quand est-ce que tu t'es dit : "Je suis prête, je me lance" ?
Je n'ai jamais eu l'impression de me jeter dans le vide. Tout s'est fait graduellement. Le véritable déclic est arrivé après notre premier accélérateur : c'est à ce moment-là que j'ai compris que Juno pouvait devenir une vraie entreprise et j'ai quitté mon emploi.
Est-ce que tu es passé par un incubateur ? Qu'est-ce que ça t'as apporté ?
Oui, plusieurs. Ils nous ont apporté une structure, une meilleure compréhension du monde entrepreneurial, des mentors de qualité, des connexions avec d'autres entrepreneurs et des réponses à beaucoup de nos questions.
Quel est le meilleur conseil qu'on t'ait donné ?
De ne pas se prendre trop au sérieux.
Et si tu devais donner un conseil à un entrepreneur ?
Je n'aime pas beaucoup donner des conseils parce que personne n'a toutes les réponses.
Mais une phrase qui me guide est : "Don't let success get to your head. Don't let failure get to your heart."
À quel moment ton idée est devenue tangible ?
Il y a eu plusieurs moments. Le premier a été lorsque j'ai trouvé le nom Juno.
Ensuite, les entrevues avec des femmes qui souffrent de douleurs menstruelles sévères ont confirmé que nous répondions à un vrai besoin.
Aujourd'hui, chaque échange avec des médecins qui comprennent notre mission renforce cette conviction.
Si on se projette dans cinq ans, où vois-tu ta startup ?
J'espère que Juno sera une entreprise qui aura réellement fait avancer la santé des femmes et qu'elle aura un impact concret sur des millions de personnes.
De quoi as-tu le plus besoin aujourd’hui ?
De partenaires stratégiques qui ont déjà commercialisé des dispositifs médicaux et qui souhaitent nous accompagner. Et, bien sûr, du financement.
Si tu pouvais rencontrer une personne qui changerait la donne ?
Des leaders de notre industrie qui ont déjà parcouru ce chemin et qui pourraient nous aider à accélérer.
Avec le recul, c’est quoi ta plus grande fierté aujourd’hui ?
De voir la personne que je suis devenue en bâtissant cette entreprise.
L'entrepreneuriat te pousse dans tes retranchements et t'oblige à découvrir qui tu es réellement. Ma plus grande fierté, c'est d'avoir grandi tout en restant fidèle à moi-même.
Et à l’inverse, qu’est-ce qui a été le plus exigeant ?
J'ai parfois été déçue par certaines personnes.
Au début, on pense que tout le monde veut nous aider. Heureusement, c'est vrai pour une immense majorité des gens, mais quelques expériences suffisent parfois à remettre les choses en perspective.
Est-ce qu’il y a une phrase ou un mantra qui te guide ?
J'en ai plusieurs. J'ai une phrase que je me répète souvent : "If you can handle the small things, life won't get you with the big things."
Dans ton parcours, est-ce qu’il y a une personne qui a vraiment fait la différence pour toi ?
Oui, plusieurs. Ce sont souvent des entrepreneurs que j'admire, qui ont déjà connu le succès et qui prennent le temps de revenir aider les autres. Leur soutien et leurs encouragements ont beaucoup compté.
Est-ce qu’il y a une rencontre ou une synergie à Ax.c qui a eu un impact concret ?
Ce que j'apprécie surtout à Ax.c, c'est la proximité.
Les partenaires comme Desjardins ou Québec Tech sont toujours accessibles, tout comme les autres startups. Les échanges se font naturellement, parfois simplement en se croisant dans un corridor, et ces conversations font avancer Juno au quotidien.
Pour finir : qu’est-ce qui te motive à te lever le matin ?
Il n'y a rien d'autre que j'aimerais faire aujourd'hui.
Même si la motivation n'est pas présente tous les jours, je tiens énormément à cette opportunité. Je veux continuer à bâtir Juno et je sais que, pour y arriver, je dois continuer à me présenter chaque jour.
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