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Portrait d'un entrepreneur : Sleiman Chahwan

Dans l’univers des startups, certaines entreprises cherchent à optimiser des processus. D’autres tentent de transformer des industries. Puis il y a celles qui naissent d’un besoin profondément humain.

C’est le cas de Josephine Care, une startup québécoise fondée par Sleiman Chahwan, qui développe des technologies non intrusives pour aider les personnes âgées et les populations à risque à vivre plus longtemps, de façon autonome et sécuritaire, à domicile.

Derrière la technologie, il y a une histoire personnelle. Celle d’un entrepreneur passionné, mais aussi d’un petit-fils inspiré par sa grand-mère Josephine, et d’un fondateur qui croit profondément au pouvoir de la collaboration.

Nous avons discuté avec lui de son parcours, des défis de l’entrepreneuriat et de la mission qui le pousse à continuer à se dépasser chaque jour.

🎙️ Revenons un peu en arrière : c’était quoi ton parcours avant de te lancer ?

Avant Josephine Care, j’avais déjà ma propre boîte en développement informatique. Je faisais du développement pour des startups et d’autres entreprises. J’étais consultant développeur informatique avec une petite équipe et on créait des produits numériques.

Est-ce que tu as toujours su que tu voulais entreprendre ?

Non, pas du tout.

Plus jeune, j’étais beaucoup plus scientifique. Je pensais davantage à un parcours en ingénierie ou en médecine. Le déclic est arrivé quand j’ai rencontré mon grand-père au Liban à l’âge de 14 ans.

Il était commerçant et il m’a amené au marché avec lui. Je l’ai vu négocier le prix des tomates. Ça m’a fasciné. Chez nous, le prix affiché était le prix qu’on payait. Là, je voyais quelqu’un négocier naturellement.

C’est vraiment ce moment-là qui m’a donné la piqûre du commerce et de l’entrepreneuriat.

Est-ce que tu es passé par un incubateur ? Qu'est-ce que ça t'as apporté ?

Oui, j’ai fait le Centech en 2024. C’est Martin Enault qui m’a intégré à la cohorte trois jours avant le début du programme. Au départ, je cherchais simplement un incubateur pour trouver des premiers adoptants.

Ça a vraiment été un catalyseur pour nous. Le Centech m’a permis de rencontrer des gens, d’obtenir du coaching et surtout de faire partie d’un environnement entrepreneurial stimulant.

Quel est le meilleur conseil qu’on t’a donné pour te lancer ?

Le meilleur conseil, c’est d’écouter tout le monde, mais de s’écouter soi-même à la fin. Tu peux recevoir du coaching et des opinions de partout, mais personne ne connaît ton contexte mieux que toi.

Le gut feeling reste extrêmement important.

Et si toi, tu devais donner un conseil à un entrepreneur ?

Je dirais qu’il faut poser des questions. En entrepreneuriat, j’ai appris que si tu poses une question, tu peux avoir une réponse. Si tu ne la poses pas, c’est certain que tu n’auras rien.

Au pire, tu vas recevoir un non. Mais parfois, un simple oui peut complètement changer un parcours.

À quel moment ton idée est devenue tangible ?

Le premier vrai moment, c’est quand des gens ont commencé à réagir émotionnellement à l’idée.

Quand quelqu’un m’a dit : « Mon père aurait eu besoin de ça », j’ai compris qu’on touchait à quelque chose de réel. Puis quand on a reçu notre premier financement important pour un projet concret, là j’ai vraiment senti que c’était devenu tangible. Voir des gens faire confiance à notre technologie dans un vrai milieu de vie, c’était fort.

Si on se projette dans cinq ans, où vois-tu Josephine Care ?

J’espère qu’on sera partout au Canada, avec des milliers d’installations et qu’on aidera le plus de familles possible.

Les personnes âgées sont la population la plus à risque, mais notre technologie peut aussi aider d’autres populations : des personnes vivant avec l’autisme, des personnes à mobilité réduite ou des gens qui veulent vivre seuls de façon plus sécuritaire.

De quoi as-tu le plus besoin aujourd’hui ?

Évidemment, le financement reste important. Mais ce dont on a surtout besoin, c’est de collaboration et de sensibilisation.

Notre plus grand compétiteur, ce n’est pas une autre technologie. C’est l’inaction.

Souvent, les gens nous contactent après une chute ou après une crise. Nous, ce qu’on veut, c’est intervenir avant. Le défi, c’est que plusieurs personnes âgées ne veulent pas reconnaître leur perte d’autonomie. Donc il faut faciliter la conversation et rendre ces technologies plus accessibles et moins intrusives.

Si tu pouvais rencontrer une personne qui changerait la donne ?

J’aimerais rencontrer des décideurs politiques qui veulent réellement faire avancer les choses pour les aînés. Il y a un impact économique énorme dans la prévention. Une technologie comme la nôtre peut éviter beaucoup de coûts liés aux urgences et aux hospitalisations.

Mais ça prend une réelle volonté d’implanter ce type de solutions à plus grande échelle.

Avec le recul, c’est quoi ta plus grande fierté aujourd’hui ?

Ma plus grande fierté, c’est d’avoir fait les choix qui m’ont amené là où je suis aujourd’hui.

Faire une startup, c’est extrêmement difficile. On vit constamment avec de l’incertitude. Je connais littéralement la date de mort de mon entreprise en regardant mon cashflow. Mais malgré tout, j’ai la chance de travailler chaque jour sur quelque chose qui a du sens et ça, c’est un immense privilège.

Et à l’inverse, qu’est-ce qui a été le plus challengeant ?

Les relations humaines. Faire accepter ce mode de vie à son entourage, ce n’est pas toujours évident.

Ma mère m’envoie encore des offres d’emploi régulièrement. Avant, ça m’énervait, aujourd’hui je trouve ça plutôt drôle. Avec le temps, j’ai appris qu’il fallait accepter qu’on ne sera pas compris par tout le monde.

Est-ce qu’il y a une phrase ou un mantra qui te guide ?

Oui, j’en ai deux.

La première, c’est : « F*** relax. »

Quand je suis stressé ou que je dois prendre une décision à chaud, je me répète ça à moi-même.

La deuxième, c’est : « How good you are? How good you want to be? »

À un moment dans ma carrière, j’ai travaillé à New York et ça m’a forcé à me remettre en question et à toujours vouloir m’améliorer.

Si tu devais expliquer ce que tu fais à ta grand-mère ?

Josephine, c’était justement le prénom de ma grand-mère.

Si elle était encore là aujourd’hui, je lui dirais simplement que j’ai construit quelque chose pour l’aider à rester en sécurité et pour qu’on puisse la garder plus longtemps avec nous.

Est-ce qu’il y a une rencontre ou une synergie à Ax.c qui a eu un impact concret ?

Oui, définitivement.

Ma rencontre avec Maxime Bolduc d’Azimut Médical a eu énormément d’impact. Mais plus largement, toute l’énergie qu’il y a à Ax.c joue un rôle important. Voir d’autres entrepreneurs travailler, évoluer et grandir au quotidien, c’est extrêmement motivant.

C’est une énergie qu’on ne retrouverait pas de la même manière ailleurs.

Tu parles beaucoup de collaboration. Pourquoi est-ce aussi important pour toi ?

Parce que la philosophie de Josephine Care, c’est justement de collaborer.

Notre technologie est pensée pour fonctionner avec différents partenaires et différents acteurs du milieu. C’est aussi ce qui nous a motivés à organiser le High Tech Summit, pour réunir startups, chercheurs, décideurs et organisations autour des enjeux liés au vieillissement et aux technologies.

L’objectif, c’est de créer du maillage et d’encourager les échanges concrets.

Pour finir : qu’est-ce qui te motive à te lever le matin ?

À la base, ce projet est né à cause de ma nièce Léa, qui vit avec un handicap sévère. J’essayais de développer une technologie pour elle. Même si ça n’a pas fonctionné comme prévu, cette expérience a complètement changé ma manière de voir les choses.

Aujourd’hui, ce qui me motive, c’est de pouvoir transformer cette énergie-là en impact concret pour d’autres personnes vulnérables. Même dans les moments difficiles, je me sens extrêmement chanceux de pouvoir travailler sur quelque chose qui a du sens.

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